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26 octobre 2005
De Kayseri à Gürçayr.
Ce matin, debout 7h15, ciel grand bleu. Départ 9h15. Difficile de faire plus vite. La tente est mouillée et les duvets aussi car on touche les murs (de notre maison). On nous offre le thé à la station service où on a planté notre tente. La route est vallonnée, les couleurs sont pastel. On passe un col à 1'300 m pas mentionné sur la carte. Finalement, on n'a pas cessé de monter toute la matinée, dur pour 30 km. Une voiture s'arrête, le chauffeur nous donne 1 kg de tous petits fruits ("aletsch") + une tarte entière de pâtisserie turque, 100% sucre avec quelques vermicelles pour tenir le sucre, exactement ce qu'il nous faut pour l'énergie. On pique-nique sur la terrasse d'une gargote. Un camionneur s'arrête pour nous aider si besoin, mais tout va bien, on n'a besoin de rien ! Christine annonce : "J'ai mal aux fesses, les os m'écrasent la chaire... j'ai dû maigrir !". Cela ne lui était pas arrivé (mal de fesses) depuis notre départ il y a plus d'une année. Nouvelle douleur qui passera... tout comme son inflammation musculaire au dos qu'elle supporte depuis la montée des Taurus. On roule, Chris sent des vibrations dans son guidon accompagnées d'un petit bruit inhabituel, c'est un boulon dévissé sur le support du porte-bagages avant, on resserre et on continue. On passe deux cols, l'un à 1'260 m, l'autre à 1'350 m. Très peu de circulation sur une grande route agréable, essentiellement des camionneurs sympas. Paysage de cultures, betteraves à sucre et patates.

Aucune place ne nous plaît pour dormir, on continue plus loin que prévu. On roule de nuit (c'est très rare) jusqu'à Gürçayr. On a fait 112,5 km avec 7h19 sur la selle, moyenne 15,3 km/h. On gare les vélos à leur place. Couchés à 22h30 dans une station service... mais qui pourrait y croire !

Les vélos sont bion garés dans leur catégorie !
Les vélos sont bion garés dans leur catégorie !

27 octobre 2005
De Gürçayr à Hafik.
Levés à 7h35 avec un ciel grand bleu, super. On chauffe notre eau au resto pour le café. Départ 9h15. Durant ces 2 heures, une femme dans un camion garé nous observe. Si on insiste sur le ciel bleu, c'est que durant 4 jours de la semaine précédente, nous avons eu de la glace sur la tente et il a plu tous les jours. A Erzurum, où nous allons passer, ils annonçaient déjà -12° à la météo. Sachant que nous avons plusieurs cols au-dessus de 2'000 mètres à passer..., nous sommes un peu inquiets. Ca roule bien, et on monte à 1'450 m d'alt. Le paysage toujours superbe avec ses belles nuances de couleur et ses cultures.

Froid à l'ombre, chaud au soleil, on sent l'altitude. On pique-nique à 13h20 avec 62 km au compteur.

Une camionnette s'arrête, on nous donne 2 kg de gros raisins rouges, délicieux. Le chauffeur nous dit de faire attention à l'isolement, car dans 100 km commencerait la présence de l'organisation kurde PKK. On en doute un peu selon d'autres infos ! On passe un 2ème col à 1'450 m à 15h30 et on croise les premiers camions iraniens. On ne trouve pas où dormir, on s'arrête juste à la tombée de la nuit dans une station à Hafik. On se lave dans les WC avec eau glacée (pratiques les WC musulmans avec robinet d'eau). 120 km, 6h51 sur la selle, moyenne 17,3 km/h. On a passé aujourd'hui les 12'000 km. Le pompiste ne veut pas que l'on dorme sous tente, il nous propose la salle de prière. On dort sur les tapis comme des bienheureux.

28 octobre 2005
De Hafik à Imranle.
Départ 8h45, déception : ciel gris, très gris et il fait froid. On prend notre petit-déj. sur les tapis... si Allah nous voyait ! On est un peu inquiet, car on va encore monter en altitude et le temps se gâte. Quelques km, puis le paysage est de plus en plus montagneux. On oscille entre 1'300 m et 1'450 m. On a les gants, les bonnets et plusieurs épaisseurs sur le dos. Resto sympa à midi, thé et pizza ("pide") offerts. Il commence à pleuviner, mais on continue. Belle surprise, un col à 1'710 m pas mentionné sur la carte. On s'arrête à 16h à 1'650 m d'alt., 68 km en 4h57 avec moyenne de 13,6 km/h. On est mouillé et on a froid. Tout est bétonné, alors personne ne sait où nous laisser monter la tente. Pas d'eau chaude, que de l'eau glacée pour se laver. Aspect traditionnel et le muezzin est même dans le resto routier, ce qui n'empêchent pas les clients de manger... en plein ramadan. On aura froid durant 5h de temps, avant d'apprendre qu'un serveur nous libère sa chambre pour nous y laisser dormir. On n'en voulait pas tant, mais on est trop content de cette solution. On dort bien et on se réchauffe.

29 octobre 2005
De Imranle à Altköy.
Levés à 7h15, dép. à 9h15. Contents et surpris par le ciel bleu, mais quelques nuages. A 30 km, col à 2'190. La montée est douce, la route est large et peu de véhicules. On est tranquille, mais il fait de plus en plus froid. Du grésil commence à tomber et s'accroche aux polaires.

La route est sèche ou... boueuse à cause de travaux d'élargissement. On a les pieds et mains congelés, ils font mal. Au sommet, 12h30, on a faim, mais on décide de redescendre à 1'500 m avant de manger, il fera meilleur. Un pré vers une rivière, du bois sec, j'allume un petit feu et on fait chauffer à la poêle un petit repas acheté dans une gargote. On y met la théière et on se boit le thé. Bien chaud et bon moral, on continue jusqu'à 17h pour s'arrêter dans une station glauque et pas sympa, mais magasin, resto, WC et... pas isolés. Les paysages étaient jolis.

On a fait 65 km en 5h02, moyenne 12,8 km/h. On se blottit à 20h sous la tente, on ne bouge plus et l'on écoute le grésil chanter sur la toile.

30 octobre 2005
A Altköy.
Il fait sombre sous la toile légèrement écrasée, le grésil semble avoir pris de l'épaisseur ! Je frappe un peu la toile et découvre la lumière, il est 8 heures. On a dormi 12h malgré des ouvriers qui travaillent toute la nuit à côté, des chiens aboyeurs et des véhicules qui prennent de l'essence. On devait être bien fatigué ! J'entrouvre la porte de la tente pour y voir un ciel bleu... souffle coupé ! il y a au moins 30 cm de neige !! tout est recouvert. Une neige lourde, pleine d'eau.

... mais Chris roupille encore !
... mais Chris roupille encore !

On est donc coincé entre deux cols de 2'200 m. On s'installe au resto, on boit le thé et on joue au backgammon.

Chris 
<br><br>L'air passionnée...
Chris

L'air passionnée...

La route est glissante et la neige tombe sans cesse. On n'a pas le choix, on attendra un jour meilleur pour continuer. Il neige toute la journée. Je dégage la tente qui pourrait plier. On nettoie et protège nos selles cuir des vélos. Il paraît qu'il va neiger encore demain... on est à 600 km de la douane iranienne et 400 pour la mer Caspienne où l'altitude va redescendre. Nous avons vraiment besoin d'encore quelques jours de beau. On passe la journée entière au resto de la station à observer, discuter, jouer, écrire, étudier la carte et lire. Les bus défilent avec arrêts pipi quelques minutes. Tous ces voyageurs en bus qui rêvent d'une voiture ont bien du mal a comprendre deux suisses qui voyagent à vélo, alors bien souvent, en souriant, ils concluent en disant "mashallah" et en pointant l'index sur leur tempe... sont ils fous ? mais ils sont admiratifs et disent un dernier bravo avant de repartir.

31 octobre 2005
Toujours à Altköy.
Et il neige encore. On s'habitue au froid, on a encore mieux dormi qu'hier (13 h). On se réfugie encore au resto où il fait aussi froid que dehors. Impossible de s'expliquer en turc, c'est vraiment un problème. On aimerait pourtant bien connaître la météo et éventuellement se faire emmener au village voisin pour faire des achats et aller sur Internet, vous nous avez peut-être écrit ? Et on en profite encore pour jouer au backgammon et mettre le site et notre journal à jour.

Un ouvrier russe nous propose de dormir dans sa maisonnette d'en face. Chauffage au bois, lits, couvertures. C'est une pension "à la sibérienne" pour ouvriers, rudimentaire, mais qu'est-ce qu'on y est bien ! En fin d'après-midi, le patron de la station improvise de nous emmener au village de Refahiye à 10 km, chez un ami parlant l'anglais et qui a Internet dans son magasin de lampadaires. Il nous offre des pommes et des noix à manger, ainsi que le traditionnel "çai" (thé), qu'on nous reverse sans discontinuité. Jolie petite ville. Ensuite, on nous emmène dans un magasin de vêtements chez un autre copain. Encore le thé, musique sur Internet et cadeau d'un foulard à Christine... en vue du passage sur l'Iran. Petite virée très sympa, mais quand va t'on repartir ? Et nos pauvres vélos ne sont guère prêts...

Oui Gilles, ça nous fait mal au ventre !
Oui Gilles, ça nous fait mal au ventre !

1er novembre 2005
Finalement, aujourd'hui temps mitigé, mais plutôt ensoleillé, alors... départ à 11h pour 68 km. On passe le col du Sakaltutan (2'160 m) avec temps limite les derniers km. Très froid dans la descente (30 km). On s'installe pour la nuit dans un camping glauque avec sanitaires en construction. Donc pas d'eau chaude, et d'ailleurs pas d'eau du tout, mais gratuit. On a froid. Le patron, Alawite (une secte de l'islam chiite, puissante notamment en Syrie), parle français et est très ouvert d'esprit. Etant donné le sol humide, il nous incite à monter la tente dans son garage et nous invite à nous laver dans sa salle de bain... chauffée. Comme c'est bon un peu d'eau chaude ! Le luxe, quoi ! Ensuite thé avec miel, fromage, beurre et olives dans le salon. Le tout sera gratuit.

2 novembre 2005
On s'arrête dans la rue principale d'Erzincan pour retirer du cash en vue de l'Iran (où il n'y a pas possibilité d'utiliser les cartes de crédit) et courses alimentaires. Le temps se gâte encore. On se cuisine du poulet, assis sur un pneu de camion dans l'herbe derrière une station. Un gros chien vient vers nous manger les os. Eric ne sent pas le patron alors on ne dormira pas là, on repart pour 20 km. La large vallée se rétrécit et devient assez sinistre avec le temps pluvieux et gris. Devenons inquiets, car la nuit approche... ouf ! enfin de la vie avec une station et tenanciers très sympas, deux jeunes kurdes Alawites. Ils nous offrent le thé après un chaleureux "hos geldiniz !" (bienvenue). Aujourd'hui, 50 km pour arriver à Tanyere (37 km après Erzincan).

3 novembre 2005
Départ vers 10h30 car il pleut. Un camionneur iranien nous donne des renseignements (en allemand) et nous rassure concernant la neige sur la route et les manif anti-américaine en Iran. Vallée encaissée sur 30 km avec fleuve à notre droite et voie de chemin de fer à gauche. A midi, petit vieux moustachu à bonnet, poêle central à bois, après la chorba, on mange directement dans le plat en fer brûlant. Ambiance de routiers devenue notre quotidien. On s'arrête à Mercan. Comme d'habitude aussi, eau glacée pour se laver et se frotter au gant en catimini dans les toilettes, rapidement et énergiquement (dernier effort avant la nuit glaciale !). Tranquille, les toilettes femmes sont toujours séparées des hommes et il n'y a jamais aucune femme. Un jeune garçon nous apporte une assiette de pâtisseries et des chocolats. On a fait 55 km.

4 novembre 2005
Ca monte et pourtant aucun col d'indiqué sur notre carte. On arrive finalement à 2'090 m. Comme un abîme !

Peu avant le sommet, on croise un Land. C'est un norvégien, Tom, très sympa. Il vient de l'Iran et nous donne une carte routière qui comprend tous les pays de la Route de la Soie. Il a la sclérose en plaques et aimerait s'acheter une maison en Grèce (proche de soins médicaux). On redescend à 1'700 m, puis on dort dans le "mesci" (mosquée) d'une petite station. Le pompiste nous offre ses pâtes cuisinées et le traditionnel thé. Douche !! un peu froide, certes, mais qui nous permet le décrassage des cheveux après 11 jours de vélo. Un berger vient se réchauffer quelques minutes. On a fait 60 km.

L'Oréal va-t'il nous verser une jolie somme ?
L'Oréal va-t'il nous verser une jolie somme ?

5 novembre 2005
Il pleut, on attend de pouvoir partir. On décide d'enfourcher nos montures vers 10h30 malgré la pluie. Légère accalmie, puis re-pluie. On s'arrête pour manger chorba et agneau dans p'tit resto routier (à nouveau que des hommes ! d'ailleurs Chris commence à se mouvoir comme un mec !). On arrive à Erzurum (1'950 m d'alt.). Beau stade pour sportifs. Erzurum : Mélange de modernisme et de très traditionnel. Femmes totalement voilées de noir, alors que jusque-là en Turquie nous n'en avions pas vu.

Grandes bases militaires tout autour d'Erzurum. On longe des villages traditionnels boueux. A l'affût d'une station pour la nuit. Nuit qui nous rattrape, mais le ciel est dégagé et les montagnes alentour enneigées donnent un peu de luminosité, tout va bien. Station après une descente et on s'installe au resto. Violente secousse ! Eric réagissant le premier, en 2 secondes on est dehors. Tremblement de terre, le coeur tape très fort, la maison a bougé et sauté sérieusement ! mais pas de dégâts... on finit notre repas sans oser bouger et prêt à foncer...

6 novembre 2005
Ca a bien roulé aujourd'hui, on a fait 76 km jusqu'à Horasan. A midi, mangé vers ancien poêle efficace.

Temps mitigé, mais pas de pluie. On aura donc passé Erzurum sans neige et sans froid abominable, que l'on craignait de part les prédictions météo des locaux. Traversé 2 villages qui semblaient bien peu aménagés.
A la station, on nous invite à dormir dans le "mescid". Douche chaude (bidon et broc). Passage de la gendarmerie qui s'assure de notre sécurité. Le supérieur parlant anglais et ses 3 subordonnés sont vêtus comme des commandos militaires. Il nous dit de passer le lendemain au poste à 10 km d'ici... Un routier turc nous fait peur en nous parlant des "problèmes" qu'il y a dans la région. On essaie de le questionner sur le "problème", mais il ne veut pas le nommer... il y a d'autres hommes présents... Cependant, il nous rassure un peu en nous disant que dans cette station, cette nuit, nous n'aurons aucun problème... mais ne pas tarder, partir dès le lever du jour à 6h...

7 novembre 2005
Au lever, le regard centré et bizarre du bulgare, tenancier de la station, nous perturbe plus que la veille. Pourtant il fait tout pour notre commodité. Départ à 7h30 seulement. Petit village et décors très coquets.

A 13 km, le poste de gendarmerie avec accueil chaleureux, contrôle des passeports pour la forme, histoire de discuter. Ils nous apportent à chacun une tasse de thé sur la rue. 500 mètre plus loin, 2 fillettes toutes coquines viennent à nous.

Le regard malicieux...
Le regard malicieux...

Puis des femmes au loin nous font signe d'approcher. On distingue l'une d'elles dans une cabane de toile plastique en train de préparer le pain. Le temps d'hésiter et elle vient nous offrir la galette soigneusement repliée avec un bol de fromage (fait avec le "petit lait"), qu'elle verse dans la galette.

Ca monte dans la montagne jusqu'à 2'200 m. On traverse quelques villages typiques. Un enfant nous jette un cailloux, d'autres nous demandent "money". Véhicules blindés. Ambiance tendue et la gorge montagneuse est sinistre sur 30 km.

Camionnette isolée avec 2 gars à l'intérieur et 2 autres descendant la montagne. A notre passage, l'un d'eux nous fait le geste de s'arrêter pour avoir du feu. On fait signe que non, sans stopper, en restant souriants. Chris a peur et Eric n'a pas le feeling. Enfin de la vie avec maître et maîtresse d'école modernes qui retiennent les enfants sortant de l'école et nous donnent des chocolats. Nous discutons 10 mn, puis pique-nique en sortie de village, vue dégagée, on se sent un peu plus en sécurité. Un camion passe, fait demi-tour en nous voyant et s'arrête. Eric va vers eux, 3 gars, dont l'un parle français. Il propose de la bière, Eric décline et doute de leur honnêteté. On continue de ressentir une certaine tension... sentiment d'insécurité. D'ailleurs, avant même que le camion reparte, la police arrive et reste là 30 mn, jusqu'à ce que l'on reparte. Ils contrôlent les véhicules qui passent. Brève discussion sympathique avec eux. Ils sont souriants, mais nous mentionnent tout de même les problèmes dans la région en faisant le geste du fusil qui tire et de la mort. Ils partent en même temps que nous. On est dans la plaine, station glauque, mais tenanciers très gentils. On monte la tente sous un hangar derrière la station. On est toujours relativement haut, puisqu'à 1'730 m. On a fait 93 km pour arriver à Agri.

8 novembre 2005
On monte légèrement à flanc de colline longeant la plaine. On prévoit de casser la croûte avant le dernier col à 2'010 m. On trouve une station, mais le tenancier, pas sympa, nous dit qu'il n'a rien à manger... bizarre, même pas un bout de pain... et il ne nous offre même pas le thé habituel. On achète une bouteille de Coca et on mange le peu qu'il nous reste. Col facile, en-haut duquel on voit des blindés et des gendarmes en tenue de commandos avec des armes. Ils nous font un accueil sympathique et chaleureux. Le chef nous invite à boire le thé à l'intérieur. On se retrouve avec une dizaine de jeunes soldats dans une petite pièce autour d'un poêle. Patates chaudes et mandarines. L'un d'eux parle un peu l'anglais et traduit les questions du chef. Subitement, on nous annonce que le commandant va passer sur la route... tous les militaires dehors... on nous dit de partir vite... zut et zut ! Chris a oublié son précieux bonnet de gardiens de troupeaux anatolien en angora !... on attend un peu plus loin sur la route que le commandant disparaisse. Chris retourne chercher son bonnet. Eric décide tout-à-coup qu'on va pouvoir arriver à Dogubayazit encore aujourd'hui (dernière ville avant l'Iran). Alors c'est la course, faut rouler à 36 km/h, surexcitation, course d'enfer (selon Chris). Mais ça ne descend pas autant qu'on l'aurait pensé... c'est assez plat d'ailleurs, et ça monte même légèrement.

Chris s'arrête vers des blocs de roche, sans dire qu'elle veut faire pipi... se fait incendier par Eric ! Grande tension... ça ne s'explique pas, ça se sent. Le tout sous l'influence du problème des kurdes du PKK (3 morts quelques jours avant + un policier). On se sent en insécurité sur ce haut-plateau. Ambiance de désordre : mecs gueulant au loin, chiens agressifs, camions nous arrivant dessus pour jouer... Près d'un poste militaire, un gros chien de berger nous fonce dessus. Chris étant devant, il s'en prend à Eric qui finit par chuter dans la bagarre, le chien abandonne sur intervention d'un militaire. Mal à la cuisse et à un doigt... mais rien de grave. Il fait nuit... voitures isolées et douteuses dans les champs, on nous siffle, arrivée enfin en ville dans quartier non-éclairé avec route en terre défoncée. Il faut faire attention. Puis... côte d'enfer sur une route de cailloux sur 6 km pour arriver au camping Murat. On patine, Chris a de la peine à tenir l'équilibre sur son vélo. On ne voit rien, on sent les précipices du bord de route... on finit par pousser les vélos sur les 2 derniers km... exténués et en sueur. On prend une 'chambre' pour 2,20 par personne, douche chaude mais ouverte sur l'extérieur venté et glacial, puis bon repas avec musicien au synthé. et excellent chanteur kurde.
Le lendemain matin, la vue est dégagée.

Et même un p'tit rayon de soleil...
Et même un p'tit rayon de soleil...

Conclusion
Nous sommes aujourd'hui le 13 novembre. Nous allons rester encore demain au camping pour trouver dans la rue un change pour nos billets turcs qui ne valent rien en Iran, puis passerons probablement la douane le 14. Probablement, car il est en train de neiger sérieusement...
On a parcouru 1'972 km en Turquie. Notre itinéraire a suivi essentiellement les grands axes, novembre étant trop tardif pour s'éloigner dans les montagnes. Un peu déçus de ne pas avoir suivi nos plans prévus, mais agréablement surpris par la beauté des hauts plateaux, la simplicité des villages, l'hospitalité turque et l'immensité des espaces sauvages.

De la population du bord de mer en bikini à la dame voilée de noir des montagnes de l'est,
Du paysan à cheval attelé au businessman enchemisé roulant en coupé BMW à Ankara,
Des tortues de mer aux lynx, loups et rares léopards des régions kurdes,
De l'hospitalité instantanée au regard noir soupçonneux des militaires en blindés,
De nos baignades du 9 octobre à la neige et l'ère glaciaire du 30 octobre,
Des villas modernes tout confort aux maisons villageoises à raz du sol et toit de terre,
Et... et...
De l'esprit oriental et musulman à l'esprit européen..............!!....???... ?

La Turquie nous donne l'impression d'être capable de toujours nous étonner !

Le Mont Ararat culmine à 5'137m
Le Mont Ararat culmine à 5'137m

Le palais d'Ishak Pasa de style classique ottoman
Le palais d'Ishak Pasa de style classique ottoman